Scènes culturelles du Léman - Suisse et France.

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Le Paradoxe de John

Dimanche, 6 décembre 2026 à 17h · Théâtre Saint-Gervais, Genève

Une exploration artistique audacieuse qui fusionne théâtre d'objets et poésie visuelle dans un univers postapocalyptique fascinant.

Description

Le Paradoxe de John fait écho à une pièce de Philippe Quesne datant de 2007. Ce spectacle, L’Effet de Serge, campait un être solitaire qui, dans le huis-clos de son appartement, présentait des spectacles-miniatures à ses proches tous les dimanche après-midi. L’effet comique allait de pair avec la mélancolie charriée par l’inventeur. Les murs, la porte et la baie vitrée de Serge sont réinvestis pour John. Ce décor naturaliste et rudimentaire renvoie cette fois à l’esthétique de la galerie d’art. Voici le nouveau cadre offert aux péripéties inédites d’un groupe de cinq énergumènes. Serge a légué son appartement à Annie qui en a fait un atelier-espace d’exposition, dans lequel des artistes sont invité·es à créer à partir de rien ou presque. Avec tout le sérieux et la fantaisie que requiert un tel exercice, les cinq performereuses testent différentes formes artistiques contemporaines. Ensemble, ielles composent une œuvre polyphonique atypique faite de tableaux vivants porteurs d’une poésie visuelle décalée propice à l’apparition de métamondes absurdes. Dans un intérieur devenu cabinet de curiosités, en tirant les ficelles du théâtre d’objets, les esthètes s’affairent dans une atmosphère postapocalyptique pour créer une succession de courts numéros corporels. Un effet d’étrangeté proche du rêve nous gagne. Les dames s’enroulent dans le linoléum tels des vers de terre géants, des formes coniques recouvertes de couvertures grises respirent comme des monstres de feutrine. La frontière entre animé et inanimé s’efface tant les objets semblent vivants. Les matières glissent, lisses ou rugueuses, la mousse expansive s’exprime, la crème Chantilly se solidifie sur des airs de John Cage. Le Paradoxe de John est un joyau de divertissement créatif formellement impeccable. Il interroge avec un second degré redoutable la place de l’art dans le quotidien.Aux multiples inventions plastiques et musicales qui jaillissent sur scène répondent les poèmes lunaires de Laura Vazquez. « Quand on souffre de l’obsession des questions / de la volonté d’explication du monde / l’espace qui nous entoure subit des dommages / alors il faut le soigner à l’aide de chansons de notes / de postillons dans l’atmosphère».

Pour aller plus loin

Pièce / contexte

Le Paradoxe de John s'inspire de la pièce L’Effet de Serge de Philippe Quesne, qui mettait en scène un personnage solitaire présentant des spectacles dans son appartement. Ce nouveau spectacle transpose cette idée dans un cadre d'atelier d'art, où cinq performereuses explorent des formes artistiques contemporaines. L'œuvre se construit autour de tableaux vivants et d'une poésie visuelle décalée, créant une atmosphère à la fois absurde et onirique.