Éminent sociologue et intellectuel français disparu en 2002, Pierre Bourdieu n’aura de cesse de talonner les mécanismes de reproduction des inégalités, pour mieux lutter contre ce qu’il nomme la « violence symbolique », celle qui abime les corps comme les esprits et délite la cohésion sociale. Paru en 1993, son ouvrage La Misère du monde concentre le travail de 23 chercheur·euses et compile une cinquantaine d’entretiens avec les plus démuni·es. Ces témoignages rares racontent les effets secondaires de la précarité économique; décrochages scolaires, problèmes de voisinage, exclusion, chômage, violence. Donner la parole aux personnes défavorisées permet de comprendre que les origines de la souffrance sont majoritairement du ressort de la responsabilité collective, amenuisant ainsi le sentiment de honte qui domine chez les plus pauvres.
Accompagnée par Odile Cornuz dans l’adaptation du texte, la metteure en scène Orélie Fuchs transpose ces paroles dans un spectacle criant d’actualité porté par quatre interprètes. La scénographie composée de chaises et de structures de bois est métamorphosée à vue durant le spectacle par la présence des comédiennes et l’intervention directe du plasticien Tan Chen.
La Misère du monde encourage une prise de conscience concrète grâce à la puissance des témoignages tout en rappelant la versatilité de la place que chacun·e pense avoir acquise alors qu’un inéluctable jeu de chaises musicales redistribue sans cesse les cartes chance.
Pour aller plus loin
Langue (spectacle) : Français
Pièce / contexte
La Misère du Monde est une adaptation d'un ouvrage majeur de Pierre Bourdieu, qui explore les mécanismes de reproduction des inégalités sociales. Le spectacle met en lumière des témoignages de personnes défavorisées, révélant les effets de la précarité économique sur leur vie quotidienne. Il s'agit d'une œuvre qui vise à éveiller les consciences sur les réalités sociales contemporaines, tout en soulignant la responsabilité collective face à ces injustices.