Et si le Minotaure n’était pas un monstre, mais un être seul en quête de liens ? Dürrenmatt nous invite à ce déplacement de projecteur avec Minotaurus, une nouvelle qui prend le contre-pied du mythe, en une relecture troublante, où il s’agit de vivre l’histoire à travers la créature enfermée au coeur d’un labyrinthe de miroirs, où se reflètent nos désirs et notre besoin d’altérité. À travers cette parabole, Dürrenmatt prend le point de vue du Minotaure, nous parle de l’identité et du double, du rêve « de langage », « de fraternité », « d’amitié », « de bien-être », « d’amour », « de proximité », « de chaleur » du monstre, incapable quand il rencontre une jeune fille dont il se prend d’amour de maîtriser sa force en l’approchant. Quant à Thésée, l’homme au masque de taureau, il devient dans la fable le double du Minotaure – qui succombe sous son coup fatal (alors qu’il lui manifestait un élan d’amitié) et finit dévoré par les oiseaux-rapaces. À la genèse de cette première création de Jeanne Pasquier, sans doute y a-t-il la découverte au Centre Dürrenmatt de Neuchâtel lors de la création de Pour Václav Havel, de l’œuvre picturale de Dürrenmatt dont le Minotaure constitue une figure centrale, pensée comme le double même de l’artiste, avec ou sans labyrinthe, en dialogue avec plusieurs de ses textes dont La Ballade du Minotaure, doublée d’une confluence fortuite avec Robert Bouvier, lui-même fasciné par cette figure qui, avec Dürrenmatt, symbolise la dualité de chaque être, sa part animale et sa part policée. Les dimanches matin au TKM « Le mythe du Labyrinthe et du Minotaure pour une dramaturgie de l’intériorité ? » Conférence avec Brigitte Prost Di 18.04.2027, 11h La rencontre se prolonge autour d’un brunch imaginé par l’équipe du bar. Prenez vos place auprès de la billetterie.
Représentations les Jeudi, 15 avril 2027 à 1h15, Jeudi, 15 avril 2027 à 17h30, Jeudi, 15 avril 2027 à 19h et Jeudi, 15 avril 2027 à 20h
Pour aller plus loin
Langue (spectacle) : Français
Pièce / contexte
Cette pièce revisite le mythe du Minotaure en proposant un regard différent sur cette créature souvent perçue comme un monstre. En se concentrant sur son humanité et ses désirs, l'œuvre interroge des thèmes universels tels que l'identité et la quête de liens. La dramaturgie invite le public à réfléchir sur la dualité de chaque être et sur la nature des relations humaines.